Conflit étudiant : Maintenir la cohésion sociale
À sa treizième semaine, le conflit entre le gouvernement du Québec et le mouvement étudiant se détériore à un point tel que plusieurs voix s’élèvent pour réclamer un armistice. Les événements qui se sont produits dans le métro de Montréal, le 10 mai 2012, ont déclenché une telle vague de mécontentement au sein de la population que le gouvernement du Québec et l’ensemble de la classe politique québécoise doivent s’unir et s’entendre sur une sortie de crise avec les représentants des étudiants.
Quand des éléments extrémistes contrôlent l’agenda et le discours dans un conflit, c’est le signe que le climat social se détériore et qu’il existe un risque de plonger la société dans un chaos dont personne ne peut être indifférent. C’est alors au gouvernement de prendre cette responsabilité et d’assurer le leadership du retour au calme, et à une vie normale dans les rues et espaces publics de Montréal.
La cause est maintenant entendue. Sur la hausse des frais de scolarité le gouvernement du Québec détient l’appui d’une grande majorité de Québécois, selon le plus récent sondage de Léger-Marketing. En revanche, l’appui au gel demandé par les étudiants s’effrite considérablement. Néanmoins, les étudiants auront réussi à sensibiliser le public à l’importance de veiller à la gestion des universités et à lancer un débat sur l’accès aux études supérieures.
Malheureusement, les deux parties auront réussi, depuis la signature d’une entente le 5 mai dernier, de générer un sentiment de frustration, d’écœurement et de colère au sein de la population. Le gouvernement, d’une part, par son triomphalisme partisan, qui a soulevé la colère de nombreux étudiants, et d’autre part les porte-parole étudiants par leurs prises de position ambigües et leur incapacité à défendre l’entente qu’ils ont eux-mêmes signés.
Ce climat malsain et ce dialogue de sourds, combinés aux événements violents survenus à Montréal et à Victoriaville, exigent une prise en charge immédiate par le gouvernement afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage.
En d’autres mots, le Premier-Ministre du Québec doit prendre en main personnellement le leadership de la gestion de la crise. Il se doit de reprendre le contrôle de l’agenda et du discours dans une démarche qui permettra de régler le conflit ou de remettre le compteur à zéro afin de baisser la tension et de protéger le climat social à Montréal. Il a la responsabilité d’ouvrir et de maintenir un canal de communication bien ouvert avec la population aussi bien qu’avec les étudiants.
Malheureusement, le Premier-Ministre n’a pas jusqu’ici démontré un grand leadership. Ses interventions l’ont été de façon ponctuelle alors que la situation exige qu’elles doivent être permanentes. Mais n’est-ce pas ici un trait qui caractérise son style de gestion? Les mêmes reproches lui ont été faits lors de la crise des viaducs à Montréal et les inondations à Saint-Jean-sur-Richelieu en 2011.
A-t-il la crédibilité ou la volonté de le faire? Ou ne serait-ce pas à l’Assemblée Nationale, dans un mouvement de coalition qui réunirait tous les partis et les étudiants de le faire? Il y a urgence de laisser de côté la partisanerie et régler le conflit avant qu’il ne dégénère.
Dans toute situation d’urgence, un véritable leader doit s’affirmer et prendre les commandes des actions à prendre. Si la situation est telle aujourd’hui c’est que l’absence de ce leadership a créé un vide que d’autres se sont empressés de combler. Et c’est ainsi que du débat initial sur la hausse de frais de scolarité pour des études supérieures nous en sommes arrivés à un climat de confrontation pour des enjeux aussi différents que l’éducation, le capitalisme, l’environnement et la pauvreté. Des enjeux importants certes, mais qui prennent en otage le gouvernement, le mouvement étudiant et la population.
Écoutez notre entrevue avec Paul Houde au 98,5FM.
Sandoz Canada : Une stratégie de communication controversée
Le Québec risque de connaître une pénurie de médicaments dans les prochains mois. Sandoz Canada, propriété de la multinationale suisse Novartis, a fait savoir dans une lettre envoyée aux pharmaciens du Québec, le 16 février 2012, qu’elle procédera à un arrêt partiel de sa production de médicaments à son usine de Boucherville. Sandoz Canada doit, en effet, se conformer aux recommandations de la Food and Drug Administration, qui a constaté des manquements aux pratiques de fabrication. Sandoz Canada fournit les hôpitaux en morphine, en antibiotiques, en anticoagulants ou en médicaments contre le cancer.
C’est donc par lettre que Sandoz Canada a décidé d’informer les pharmacies et hôpitaux du Québec. L’entreprise a suivi son protocole de communication pour aviser uniquement ses clients, les pharmaciens. Si l’entreprise s’engage à publier dans son site web un rapport hebdomadaire des ruptures de stocks pour ses clients, elle ne communique d’aucune façon aux personnes directement « concernées » par l’arrêt de production de certains médicaments, les patients.
Ce sont les médias qui ont alerté l’opinion publique. Jusqu’ici les seuls commentaires publics de l’entreprise se résument à la gestion des stocks et des protocoles d’approvisionnement des hôpitaux. On se serait attendu à un discours empathique et dirigée vers les patients qui sont certainement inquiets. L’entreprise est elle-même pointée du doigt et accusée de manquer à ses obligations d’informer adéquatement le grand public.
La nouvelle a bien évidemment provoqué beaucoup d’inquiétude dans le réseau de la santé au Québec. Mais par-dessous tout, Sandoz Canada s’est désengagée de sa responsabilité d’informer et de rassurer les patients et la population québécoise. À un point tel, que les professionnels de la santé, l’Ordre des pharmaciens du Québec et le ministre de la Santé ont dû le faire eux-mêmes. Or, l’entreprise a elle-même engendrée la « crise » et se doit, par conséquent, en assumer publiquement les responsabilités et accompagner l’ensemble des publics touchés et concernés jusqu’au retour à la normalité. D’ici là, Sandoz Canada se doit de communiquer régulièrement les actions menées pour rétablir la situation.
La stratégie de communication de Sandoz Canada est clairement établit et risque tôt ou tard de nuire à sa réputation et de la disqualifier de tout débat public lié à la santé et les enjeux de l’industrie pharmaceutique. Après l’annonce de la fermeture, plus tôt ce mois-ci, du centre de recherche et de développement d’AztraZeneca à Ville Saint-Laurent (132 employés); l’annonce de la fermeture, le 10 janvier dernier, du centre de recherche du groupe Johnson & Johnson à Montréal (126 employés); de l’annonce de la suppression d’une centaine d’emplois au centre de recherche et de développement de Sanofi Canada à Laval; et la fermeture du centre de recherche de Merck et la mise à pied de 180 employés, l’industrie pharmaceutique au Québec attire l’attention.
Sandoz Canada devrait se méfier. L’épiderme de l’opinion publique québécoise pourrait devenir sensible et nuire éventuellement au développement de l’entreprise.
SNC-Lavalin : Réputation et $$$
Le code de déontologie de SNC-Lavalin, rapporte l’éditorialiste André Pratt de La Presse, précise (que) : « L’intégrité et la réputation de la société en matière de déontologie sont essentielles à une rentabilité soutenue ». André Pratt ajoute : « Si elle agit conformément à ces valeurs, SNC-Lavalin fera rapidement la lumière sur toute cette affaire ».
En effet, la stratégie défensive de l’entreprise et les réponses parcimonieuses aux questions soulevées sur les affaires de SNC-Lavalin en Libye provoquent de nombreuses interrogations.
L’Agence QMI s’interroge elle aussi sur l’implication de SNC-Lavalin sur une possible fuite de Saadi Kadhafi, l’un des fils de Mouammar Kadhafi, vers le Mexique. Une consultante, Cynthia Vanier, travaillait-elle pour l’entreprise, lorsqu’elle a été arrêtée au Mexique, en novembre dernier ? SNC-Lavalin et l’avocat de Mme Vanier confirment toutefois qu’une entente liait la firme d’ingénierie et la consultante, sans donner plus de détails sinon qu’elle a reçu un montant de 100 000 $.
Finalement, un premier analyste, Michael Tupholme, de la TD, recommande à ses clients d’acheter le titre : « Dans le contexte actuel, je ne suis pas surpris de la pression sur le titre de SNC. À moyen et à long terme cependant, je m’attends à ce que les inquiétudes se dissipent… ».
Jusqu’ici SNC-Lavalin fait le choix d’en dire le moins possible. Il serait étonnant cependant, considérant l’ensemble des enjeux éthiques, économiques, politiques, boursiers, judiciaires, contractuelles, de gouvernance, et des enjeux au sein même de l’organisation, que l’affaire ne se développera pas davantage et que l’intérêt médiatique s’estompe.
Pour vous en convaincre et en connaître davantage sur le sujet, le National Post a développé tout un dossier.
SNC-Lavalin dans la tourmente – résumé et constat
Dans un communiqué, le 9 février 2012, SNC-Lavalin annonçait le départ de deux de ses hauts dirigeants, Riadh Ben Aissa, vice-président directeur de la division construction, et Stéphane Roy, vice-président finances de la même division. Sans donner plus de détails, la firme d’ingénierie souligne (que) « des questions concernant la conduite d’employés de SNC-Lavalin ont récemment alimenté l’opinion publique. SNC-Lavalin réitère que tous ses employés doivent respecter son Code de déontologie et de conduite dans les affaires ». Cette déclaration de l’entreprise laisse croire que les deux ex-dirigeants ont enfreint les règles d’éthique et d’affaires de SNC-Lavalin.
Cette annonce survient un an après le début d’une insurrection armée en Libye qui viendra à bout du dictateur Mouammar Kadhafi, et près de onze mois après la destitution du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Deux régimes qui ont succombé aux soulèvements du printemps arabe . Les hauts responsables de SNC-Lavalin seraient soupçonnés d’avoir cherché à faire entrer illégalement au Mexique l’un des fils de l’ex-dictateur.
Depuis un an, les médias canadiens ont rapporté de nombreux liens qui unissaient SNC-Lavalin au régime libyen. L’entreprise québécoise construisait au moment du soulèvement une prison à Tripoli et avait obtenu le mandat de construire un vaste système d’irrigation dans le pays.
Plus récemment, nous apprenions que Riadh Ben Aissa aurait négocié avec le régime pour mettre sur pied une unité de l’armée libyenne. Puis, nous avons également appris qu’une consultante, Cynthia Vanier, a été embauchée en juillet 2011 par Stéphane Roy pour réaliser une mission d’établissement des faits et produire un rapport dénonçant les frappes de l’OTAN ! Mme Vanier a depuis été arrêtée en novembre 2011 au Mexique pour avoir tenté de faire entrer illégalement des membres de la famille Kadhafi. Lors de son arrestation, M. Roy était présent. Elle est depuis incarcérée par les autorités mexicaines.
Et puis finalement, pour ajouter à la complexité du dossier, il a été rapporté que Riad Ben Aissa aurait apporté son aide au beau-frère de l’ex-président tunisien Ben Ali, alors qu’un de ses employés chez SNC-Lavalin, Kébir Ratnani, détiendrait une procuration écrite pour s’occuper de la résidence montréalaise du gendre du président déchu.
Une synthèse des événements est rapportée par le chroniqueur Normand Lester à l’émission Montréal Maintenant animée par Paul Houde.
Les faits rapportés sont troublants et mystérieux. Les activités des hauts dirigeants et employés de SNC-Lavalin se sont-elles produites telles que l’ont rapporté les médias jusqu’ici? Et ont-elles bénéficiées de l’assentiment de la haute direction de l’entreprise?
Pour le moment, bien des questions demeurent sans réponse. Jusqu’ici la firme d’ingénierie a choisi une stratégie défensive et réactive. Les réponses demeurent courtes et sont, pour la plupart du temps, rédigées et envoyées à la pièce aux journalistes par courriel, selon ce que nous pouvons observer dans les médias.
Le président de la société, Pierre Duhaime s’est prononcé qu’une seule fois pour déclarer que « notre unique rôle en Libye était de nature non combattante ». Pour le reste, SNC-Lavalin se contente de nier son implication et jette le blâme sur ses ex-dirigeants, sans mise au point.
Les enjeux sont évidemment énormes. Il sera sans doute intéressant de voir comment, au cours des prochains mois, SNC-Lavalin gérera la plus importante crise de son histoire.
Qu’en pensez-vous?
Naufrage du Costa Concordia – Costa Croisières et Carnival n’ont pas voulu se mouiller !
Le naufrage du Costa Concordia, le 13 janvier 2012, à proximité de l’île du Giglio en Toscane, a littéralement propulsé la société Costa Croisières, propriétaire du navire, et sa maison-mère le groupe américain Carnival à l’avant-scène de l’attention médiatique dans le monde. Toutefois, selon une analyse réalisée par SFI Relations publiques, Costa Croisières et Carnival sont demeurées bien discrètes sur les circonstances du naufrage, l’évacuation du navire, les recherches en mer et le soutien aux passagers et à leurs familles.
L’une des principales règles de la gestion de l’urgence est de se positionner comme la principale source d’informations fiables et crédibles. Pour des entreprises telles que Costa Croisières et Carnival qui transportent des centaines de milliers de passagers par année, les enjeux liés au naufrage du Costa Concordia étaient bien évidemment considérables. Et pour les passagers et leurs familles, en premier lieu, il était tout naturel de se tourner vers ces entreprises pour obtenir toutes les informations dont elles avaient besoin. Or, Costa Croisières et Carnival ont été bien discrètes.
En effet, du 13 au 31 janvier 2012, SFI Relations publiques a répertorié 221 articles et reportages sur le sujet dans la presse québécoise. De ces articles, nous avons identifié 661 citations provenant de 112 personnes différentes. Le constat est impitoyable : les propos des porte-parole de Costa Croisières et de Carnival ne représentent que 5,90 % de toutes les citations rapportées dans la presse québécoise en 19 jours d’attention médiatique soutenue. Qui plus est, de tous les groupes d’intérêts recensés, Costa Croisières et Carnival sont bons derniers! Les secouristes, la garde-côtière italienne et la sécurité civile occupent pour leur part 32,22% de l’ensemble des déclarations retransmises par la presse québécoise, suivi par les nombreux experts consultés qui ont généré 23,44% des citations reprises par les journalistes. Concernant les experts, il est à souligner que les journalistes québécois ont consulté de nombreux experts «locaux» qui représentent à eux seuls près de 15% de l’ensemble des citations rapportées dans les médias ou encore 63,87% de l’ensemble des citations d’experts rapportées par les journalistes. Télécharger le tableau complet.
Costa Croisières et Carnival survivront au naufrage. Il en va de même pour l’industrie, selon des experts, même si les conséquences de ce naufrage pourraient affecter la confiance des voyageurs à l’égard des gros paquebots. Néanmoins, la stratégie de communication et la gestion de la crise par Costa Croisières et Carnival laissent perplexe. S’il est vrai que ces deux sociétés ont émis des bilans et des messages à quelques reprises, et que le Président-directeur général de Costa Croisières a également rencontré la presse, un fait demeure, Costa Croisières et Carnival ont volontairement évité de prendre le leadership de la communication auprès de leur clientèle et des familles éprouvées par le naufrage.
Le bilan de la catastrophe a été chiffré à 32 morts, le 31 janvier 2012, par le commissaire spécial en charge du naufrage. 17 corps avaient cependant été repêchés.
Inondations en Montérégie : Une crise sans leadership
Montréal, le 22 avril 2011 – La gestion des mesures d’urgence lors des inondations qui ont affecté de nombreux résidents le long de la rivière Richelieu en Montérégie, le printemps dernier, a souffert d’un manque de leadership, selon une analyse conjointe de la couverture médiatique menée par Influence Communication et par SFi Relations publiques. Cette absence de leadership au plus haut niveau s’est particulièrement manifestée par le trop grand nombre de porte-parole aux messages contradictoires et par la présence discrète du gouvernement aux commandes des opérations.
Il s’agit des principales conclusions de cette analyse qui a été effectuée parmi les articles et reportages publiés et diffusés entre le 26 avril et le 4 juillet 2011. Au total, plus de 4 000 items de nouvelles ont été analysés.
« Depuis la crise du verglas, les Québécois s’attendent à ce que la conduite des opérations des mesures d’urgence et la communication publique soient prisent en charge au plus haut niveau », a déclaré Steve Flanagan, président de SFi Relations publiques. « Lors des inondations en Montérégie, bien que la direction régionale de la Sécurité civile ait fait son travail, les sinistrés se sont sentis trop longtemps abandonnés par le gouvernement. Généralement, lors d’événements de la sorte, on s’attend justement à ce que quelqu’un devienne le porte-étendard de la gestion de la crise », a-t-il ajouté.
« La principale composante de la couverture médiatique repose sur la variation du niveau de l’eau. En fait, plusieurs bonnes bordées de neige ont même bénéficié d’une médiatisation supérieure à celle des inondations », de déclarer Caroline Roy, analyste chez Influence Communication.
L’analyse complète est disponible en format pdf : Inondations en Montérégie: une crise sans leadership.
TLMEP-Nelly Arcan : transparence et rapidité
Comme 67 000 québécois, je suis abonnée au compte Twitter de Guy A.Lepage. Le matin du 12 septembre, je vois ce dernier tweeter
et de me demander ce qui se passe. Dans les minutes qui suivent, je tombe sur le lien de l’article de Nancy Houston et comprend. Une des nouvelles dans l’œuvre posthume de Nelly Arcan dépeint un portrait peu flatteur de Guy A.Lepage et la honte ressentie lors de l’entrevue qu’elle a accordée à Tout le monde en parle.
«D’avoir dû payer en humiliation publique le fait de s’être offert un corps augmenta sa honte. Chaque fois qu’elle repensait à l’émission, chaque fois qu’elle revoyait le visage haineux, autiste, inentamable de l’homme debout – et elle y repensait et elle le revoyait tout le temps – le monde s’effondrait dans son esprit.»
La question que je me suis posée avant même d’avoir revu l’entrevue ou lu la Honte était comment allait réagir Guy A.Lepage face à cette nouvelle? Voici la chronologie de « l’événement » qui s’est déroulé les 12 et 13 septembre :
- Article paru dans la Presse de Nancy Houston
- Tweet de Guy A.Lepage
- Guy A.Lepage fait une courte déclaration sur le site de Tout le monde en parle et met la vidéo de l’entrevue fait avec Nelly Arcan en septembre 2007 , mais surtout, offre la possibilité aux gens de donner leurs commentaires sur l’entrevue et sur La Honte.
- Nombreuses entrevues télé et radiophoniques sont accordées par la suite : les Lionnes, RDI, 24 heures en 60 minutes, Paul Arcand, pour n’en citer que quelques unes, où Guy A.Lepage maintient son message : il est sous le choc, dit avoir regardé l’entrevue à nouveau et ne pas l’avoir perçu tel que Mme Arcan le décrit dans sa nouvelle, mais affirme tout son respect pour l’auteure en déplorant le fait qu’elle ne puisse expliquer la perception qu’elle a eu à ce moment, puisque malheureusement elle n’est pas là pour s’expliquer. De plus, il invite les gens à se rendre sur le site de Tout le monde en parle pour revoir l’entrevue et donner leur perception.
Plutôt que de tenter de taire la nouvelle, de ne pas retourner les appels des journalistes ou encore pire, tenter de dénigrer l’auteure, Guy A. Lepage a pris le contrôle, a été transparent et par le fait même, a évité une potentielle crise tout en permettant le débat et la réflexion. En rendant disponible l’information, en maintenant le cap sur son message en plus de donner toute la place au public pour donner leur avis, M. Lepage aurait difficilement pu faire mieux avec le genre « d’accusation » dont il était victime.
Québec rejette un projet éolien faute d’appui. Le BAPE dénonce le processus de consultation.
Le gouvernement du Québec a rejeté, le 19 août 2011, un projet de parc éolien de 51,8 MW que voulait implanter Venterre NRG inc. à Saint-Valentin et à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, en Montérégie. Le gouvernement a expliqué sa décision en « considérant la non-acceptabilité sociale du projet ». Cette annonce est survenue au moment où le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) rendait public son rapport.
L’acceptabilité d’un projet est essentielle à sa réalisation et les promoteurs ont la responsabilité de créer et d’animer de véritables consensus dans les communautés concernés. Il s’agit, à notre avis, d’une gestion élémentaire des risques, comme nous l’a clairement démontré tout le débat, en 2010, sur la gestion de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.
Dans son rapport, le BAPE aborde cette question. Si « l’attitude des participants est généralement positive envers la filière éolienne » les ententes entre le promoteur, les maires de la région et les municipalités ont provoqué un sentiment de méfiance au sein de la population. À tel point, qu’un comité de citoyens a déposé une pétition qui regrouperait 58% de la population votante de Saint-Valentin contre le projet.
Le promoteur a rencontré et présenté son projet aux citoyens, mais de toute évidence il n’a pas laissé les individus et les groupes influencer la conception du projet. Selon le BAPE, la consultation réalisée préalablement aux audiences publiques a fait défaut. « Le promoteur et la municipalité de Saint-Valentin ont informé les citoyens, plutôt que de les consulter de façon bidirectionnelle, ouverte et transparente », souligne-t-il dans un communiqué. « Il est regrettable que le promoteur n’ait pas vraiment impliqué la population dans la définition des valeurs paysagères, du patrimoine culturel et de leur vision du développement du territoire. La transmission de l’information ne saurait se substituer à une consultation interactive réelle et efficace », d’ajouter le BAPE dans son rapport (p.127).
Les promoteurs investissent des sommes considérables dans le développement de leurs projets et auraient avantage à planifier et implanter, dès le départ, une démarche de participation des publics. Une telle démarche n’éliminerait pas nécessairement l’opposition mais favoriserait l’implication des communautés touchées ou concernées dans la conception et la réalisation des projets. Elle favoriserait ainsi une acceptabilité sociale.
Si l’on dit souvent qu’il est difficile de développer des projets au Québec, serait-ce par manque de transparence de la part des promoteurs?



