Dans un récent billet, Fiabilité des tests pathologiques du cancer du sein au Québec : Où est l’empathie?, mon collègue Steve Flanagan rappelait « En temps de crise, la communication doit être dirigée d’abord vers les personnes véritablement concernées, touchées, affectées. ». La ministre des Ressources naturelles du Canada, madame Lisa Rait, pourrait bien payer chèrement son manque d’empathie.

Rappel des faits
Le réacteur nucléaire de Chalk River qui fournit 80 % des isotopes médicaux utilisés pour les tests de diagnostique du cancer au Canada, est arrêté et les réparations pourraient prendre plus de trois mois. Dans une conversation avec son attachée de presse, la ministre des Ressources naturelles du Canada, madame Lisa Rait, qualifie l’enjeu de « sexy » et estime qu’il se résume à une question d’argent.

Les réactions
« le contenu de ces propos est l’expression crue d’un cynisme redoutable envers une collègue en difficulté, et surtout des victimes du cancer dans un contexte de crise provoquée par l’arrêt de la centrale de Chalk River. »
Lisa Raitt – Quelle légèreté! , Jean-Robert Sansfaçon du Devoir dans son éditorial du 10 juin 2009

« Des patients sont également furieux contre la ministre. « Non, non, le cancer, ce n’est pas sexy, ce n’est pas sexy du tout! » fait valoir Jennifer Holden, qui vient de terminer un traitement contre le cancer de la thyroïde. »
Vague d’indignation, Radio-Canada, 9 juin 2009

Je vous invite tout particulièrement à prendre connaissance des commentaires faits à la fin de l’article. Une preuve, s’il en fallait une, que la manque d’empathie n’est pas pardonné facilement.

« «Nous vivons actuellement non pas une crise politique, mais une vraie crise médicale», soutient François Lamoureux, président de l’Association des médecins spécialistes en médecine nucléaire du Québec. «Le gouvernement ne semble pas réaliser la catastrophe pour les malades. D’abord, le gouvernement a nié l’existence de la crise. Aujourd’hui, on apprend que cette crise serait “sexy” aux yeux d’une ministre. C’est difficile d’être canadien aujourd’hui.»
Pénurie d’isotopes: catastrophe appréhendée, Alec Castonguay et Pauline Gravel, Le Devoir, 10 juin 2009

MAJ (10 juin à 15h00)

Et à lire les commentaires sur le reportage Lisa Rait présente ses excuses, notez le nombre de personnes en accord avec les affirmations, il n’est même pas certain que ses excuses seront acceptées.

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