Depuis le dévoilement d’une étude menée par le Dr. Louis-A. Gaboury, le président de l’Association des pathologistes du Québec, révélant d’importantes marges d’erreurs concernant des tests réalisés en pathologie pour des cancers du sein, les nombreuses parties prenantes au dossier ont largement exprimé leur point de vue. Il est dommage que le ministre de la Santé, le Dr. Yves Bolduc, et le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr. Gaétan Barrette aient monopolisé l’attention avec un discours politique et de confrontation. Même hier, lorsque le Collège des médecins a recommandé un programme national d’assurance-qualité, on est passé à côté de la plaque. Personne jusqu’ici ne s’est réellement préoccupé de l’inquiétude que cette étude pouvait engendrer auprès des familles et des personnes atteintes du cancer du sein. Ou du moins, personne n’a pris le temps de s’adresser directement à toutes ces personnes inquiètent, sinon de dire qu’on se voulait rassurant!

En temps de crise, la communication doit être dirigée d’abord vers les personnes véritablement concernées, touchées, affectées. Il s’agit de prendre la mesure de leur inquiétude et de les accompagner jusqu’à ce qu’on revienne à une forme de normalité. Jusqu’ici, plutôt que de communiquer aux femmes qui auraient pu subir un préjudice, on a d’abord nié les faits, amplifié le problème et tenté de trouver une solution administrative à un problème dont on n’en connait pas encore l’ampleur. Le manque d’empathie des parties prenantes jusqu’ici n’ont fait qu’accentuer la perception négative qui se dégage de ce dossier depuis le début : chacun accuse l’autre et tente de se protéger.

Nous savons maintenant qu’il faudra du temps avant d’avoir des réponses claires à la seule véritable question : Y a-t-il eu, effectivement, de mauvais diagnostics? Si oui, quand reprenons-nous les tests, si non, on passe à autre chose. Nous comprenons que l’inquiétude des femmes atteintes du cancer du sein n’est pas prête de s’estomper, du moins jusqu’à ce que nous obtenions des réponses claires, mais d’ici là, on devrait communiquer avec empathie plutôt que de faire de la politique.

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