« Benoit Labonté brise l’Omerta », titrait Radio-Canada dans ses manchettes télévisées et sur son site Internet le 22 octobre 2009. Les confessions et déclarations de l’ancien chef de l’opposition officielle à la Ville de Montréal à la journaliste Marie-Maude Denis ont retenu l’attention des médias et des politiques pendant plus de 24 heures. Selon Influence Communication, le poids que les médias en général ont accordé aux propos de Benoît Labonté figure parmi les plus importants de l’année. C’est-à-dire que l’attention médiatique et politique a été soutenue favorisant, d’une part, la rétention du message du politicien démissionnaire et, d’autre part,  un large auditoire doublé d’une grande visibilité pour la Société d’État. Nous pouvons affirmer que les deux parties ont atteint leurs objectifs respectifs.

Les médias offrent généralement une précieuse visibilité aux opinions émises, particulièrement dans le cadre d’une campagne électorale. Dans un contexte de forte concurrence, les journalistes sont généralement ouverts à la négociation et à plus forte raison lorsque vous êtes la personne la plus sollicitée par ceux-ci. Or, dans le cas de Benoît Labonté, l’intérêt des journalistes était à son plus haut niveau. Ce contexte lui permettait alors de négocier les termes de son entrevue avec Radio-Canada.

Ainsi, Benoît Labonté s’est donné le temps et la marge de manœuvre nécessaire pour mieux se préparer à donner sa version des faits. Il s’est négocié un temps de réflexion et de préparation, un cadre et un lieu d’entrevue, sa durée, etc. De son côté Radio-Canada obtenait ainsi un précieux matériel qui lui permettait de gérer l’agenda médiatique et politique pendant une période plus ou moins longue. Bref, chacune des parties s’entendait pour atteindre leurs objectifs.

Si Benoît Labonté a pu ainsi obtenir toute la visibilité désirée et, surtout imposer une lecture des faits, Radio-Canada a fait prolonger le plaisir en annonçant par avance la diffusion de l’entrevue réalisée avec le politicien. Dans les faits, Radio-Canada a commencé sa promotion en début de soirée le 21 octobre 2009, dans le cadre des informations télévisées, avec une entrevue avec la journaliste Marie-Maude Denis. Tôt le matin du 22 octobre, le site Internet de Radio-Canada publiait des informations provenant de l’entrevue avec Benoît Labonté; informations mises à jour jusqu’à la diffusion d’un condensé de trente minutes de l’entrevue de M. Labonté (Selon Radio-Canada, l’entrevue a duré trois heures).

En conclusion, une personne ou une organisation peut, si l’information a une valeur aux yeux des journalistes et des médias, négocier les termes de son entrevue. Une entente permet à la personne ou à l’organisation de définir sa zone de confort et de mieux se préparer afin d’obtenir un résultat optimal.

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