L’attention médiatique consacrée à la grippe A/H1N1 a considérablement baissé la semaine dernière. Entre le 16 et le 22 novembre 2009, nous avons observé une chute de 20% du nombre d’articles publiés en ligne par les médias régionaux des groupes Gesca, Québécor et Transcontinental. Au total, 160 articles ont été répertoriés comparativement à 201 la semaine précédente.

Parmi l’ensemble des articles mis en ligne la semaine dernière, 55,6% d’entre eux étaient consacrés à la campagne de vaccination, 12,5% aux divers bilans statistiques (taux de vaccination, nombre de malades, etc.) et 10% à l’impact de la grippe sur les équipes sportives. Le nombre d’articles liés aux décès liés à la grippe ou au vaccin représente 7,5% de l’ensemble de l’échantillonnage. Le ton et l’orientation des articles sont majoritairement neutre.
Nous assistons donc à un repositionnement du sujet dans la presse québécoise. La grippe A/H1N1 a quitté les pages frontispices pour les pages intérieures des journaux, comme elle fait de moins en moins la manchette aux bulletins télévisés et radiodiffusés.

En situation d’urgence, les organisations ont une obligation, un devoir, d’actions. Il est donc évident que l’attention médiatique soutenue qui caractérise généralement le début des « crises » est en lien avec cette obligation. Par exemple, lorsque le Québec a été atteint par le virus pandémique de la grippe A1/H1N1, les médias se sont donnés comme mandat « d’observer » la mise en place des mesures déployées par les autorités de la santé et d’en rapporter les moindres failles à la mesure des inquiétudes de la population face à la menace. Si l’intérêt médiatique a été timide le printemps dernier,  il a été important le mois dernier alors qu’on lançait la plus vaste campagne de vaccination de l’histoire. Mais depuis que les centres de vaccination répondent à la demande, l’intérêt s’est dissipé peu à peu et les médias se mettent « au service » des autorités de la santé en diffusant les points de presse réguliers des autorités et en rapportant les nombreux appels à la vaccination. Il en sera ainsi jusqu’à ce qu’un nouvel enjeu menacera l’ordre établi. Par conséquent, les autorités de la santé devraient profiter de ce nouveau contexte médiatique et alimenter les journalistes et les médias avec des encouragements pour le personnel du réseau de la santé (et pourquoi ne pas rétablir les ponts avec les infirmières particulièrement en saluant leur travail exceptionnel depuis le début de la campagne de vaccination?), des remerciements à la population et aux bénévoles et partenaires qui soutiennent la campagne, et des messages visant l’atteinte des objectifs visés par la vaccination de masse.

Les médias, comme la nature, ont horreur du vide. Il pourrait être profitable, en prévision d’une probable troisième phase de la pandémie l’hiver prochain, de construire un sentiment de solidarité autour de la vaccination de masse dans chacune des régions du Québec.

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