« C’est un défi de communication, a déclaré la semaine dernière le ministre de la Santé, le Dr. Yves Bolduc. Une nouvelle campagne de publicité va bientôt commencer et nous allons adopter des stratégies différentes pour rejoindre les gens ».

La campagne de vaccination se poursuit partout au Québec et semble aller pour le mieux, selon les autorités de la santé. Le nombre de personnes vaccinées est en progression constante et le nombre de malades diminue. À un point tel qu’on ferme progressivement les cliniques de grippe. Mais quel est donc le défi auquel est confronté le ministre et l’ensemble du réseau de la santé?

Le manque d’intérêt des médias.

En effet, l’intérêt des médias pour la grippe A/H1N1 est en chute libre. La semaine dernière, entre le 30 novembre et le 6 décembre 2009, le nombre d’articles publiés en ligne par les médias régionaux des groupes Gesca, Québécor et Transcontinental a diminu de 36% par rapport à la semaine précédente. Il s’agit de la quatrième baisse hebdomadaire consécutive que nous observons depuis le début de la deuxième vague pandémique. Au total, 94 articles ont été répertoriés comparativement à 148 la semaine précédente. Cette tendance a, par ailleurs, été confirmée par Influence Communications qui rapporte aussi des baisses importantes de l’intérêt des médias pour la grippe A/H1N1 pendant la même période.

Si la grippe A/H1N1 n’est plus vraiment à l’ordre du jour des médias, les objectifs de vaccination des autorités de la santé ne sont pas atteints pour autant. Et pour y arriver, il est nécessaire de maintenir une présence médiatique en plus d’utiliser de nouveaux canaux et de nouveaux moyens – ou d’accentuer les efforts avec ceux déjà déployés – pour rejoindre les clientèles visées.

Ainsi, la semaine dernière, 59,57% de l’ensemble des articles sur la grippe A/H1N1 mis en ligne étaient consacrés à la campagne de vaccination. Les nombreux porte-parole du réseau de la santé ont profité largement de ces occasions pour encourager la population à se faire vacciner. En effet, 40% de tous ces articles étaient des appels à différentes clientèles à se faire vacciner. « Il vaut mieux avoir sa dose de vaccin pour passer le temps des Fêtes en bonne santé », a déclaré le Dr. Horacio Arruda, directeur de la protection de la santé publique; « Le virus de la grippe est toujours présent et actif » , a, pour sa part, déclaré le Dr. Gilles W. Grenier, directeur de la santé pour la Mauricie et le Centre-du-Québec; « Il faut se faire vacciner avant la période des réjouissances », a ajouté le Dr. Guy Morissette, président-directeur général de l’Agence de la santé et des services sociaux de l’Outaouais; et, « (les femmes enceintes) doivent aller se faire vacciner », a souligné le Dr. Richard Lessard, directeur de la santé publique de Montréal, pour en citer quelques-uns.

De plus, des campagnes de communication débutent un peu partout au Québec. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux lance une nouvelle campagne publicitaire destinée à convaincre la population à se faire vacciner. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, un appel téléphonique préenregistré sera logé dans les 85 000 résidences de la région. À Rouyn-Noranda, le Centre de santé et de services sociaux va envoyer un message à tous les employeurs sur son territoire.

Bref, le principal défi des autorités de la santé au Québec est de maintenir des liens avec la population pour continuer à relayer des messages d’encouragement aux clientèles ciblés pour éviter de sombrer dans l’oubli. Il s’agirait d’une conséquence désastreuse et certainement une fin de campagne en queue de poisson, qui pourrait anéantir tous les efforts et les investissements consentis jusqu’à présent.

Retenons aussi qu’une campagne de communication n’est pas uniquement une campagne de relations de presse. Et qu’un bon plan de communication prévoit un ensemble d’activités, qui dans ce cas-ci, va de la communication de masse à une communication personnalisée.

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