Qu’ont en commun Hydro-Québec, Énergie Nouveau-Brunswick et la firme lavalloise de biotechnologie AccelLAB ? Celui de voir leur projet contesté, en très grande partie, parce que la population touchée estimait qu’on cherchait à la contourner et qu’on lui cachait des choses.

Dans le cas de l’achat avorté d’Énergie Nouveau-Brunswick, je vous invite à lire l’analyse de Guy Versailles, ex-responsable des communications d’Hydro-Québec. Il terminait ainsi son billet :

Il est toujours hasardeux de réécrire l’histoire mais la situation pourrait difficilement être pire que ce qu’elle est actuellement. Un vieux proverbe dit que «le temps ne respecte pas ce que l’on fait sans lui». La même chose est vrai des populations. Les débats publics sont souvent difficiles et leur issue est incertaine. Mais le secret ne fait qu’amplifier, en les reportant dans le temps, les difficultés que l’on n’aura pas voulu affronter.

Dans le cas du projet d’AccelLAB (celui d’agrandir ses installations situées près d’un secteur résidentiel pour héberger 400 porcs), c’est la publication d’un avis dans un journal local qui a mis le feu aux poudres. Voici ce qu’on peut lire dans le reportage d’André Noël de La Presse :

«La grogne monte et la consultation publique promet d’être pour le moins mouvementée, a écrit Monique Dumas-Quesnel, résidante du secteur touché par le projet, dans un courriel envoyé à La Presse. La ville cache des choses. Il y a de la politique pas nette là-dessous et ça nous inquiète.» «Nous trouvons très étrange que la Ville n’ait jamais parlé de ce projet. Heureusement que quelqu’un a lu les avis divers à la toute fin du journal local ! Les élus sont habituellement fort heureux de démontrer leur dynamisme en annonçant tout nouveau projet qui s’apprête à voir le jour sur le territoire. Or, il n’en est rien pour celui-ci.

Il est ironique de constater qu’en cette époque où les professionnels du marketing parlent de “pro-sumers”, certains pensent encore qu’ils peuvent faire l’économie d’un débat public.

P.S.: Le plus désolant dans l’affaire, c’est que cet élevage est fait à des fins médicales dans un environnement qui n’a rien à voir avec une porcherie et que le projet a obtenu son certificat d’autorisation du ministère du Développement durable et de l’Environnement.

M.A.J.
Pas de porcs dans ma cour, Radio-Canada

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Comments
  • Francine Gosselin

    C’est ce qui arrive aussi dans le dossier du gaz de schiste. Les populations concernées ont eu l’impression que les promoteurs et le gouvernement tentent de leur passer un sapin car les puits d’exploration ont été installés sans en aviser parfoir meme les municipalités! Meme s’il ne s’agit que d’exploration pour le moment, les promoteurs auraient du tenir leur séances d’information bien avant. C.est plus facile d’aider quelqu’un à se forger une opinion que de tenter de la défaire par la suite. Et puis, on sait bien que ce sont seulement les gens mécontents du projet qui se sont rendus aux séances, ce qui venait amplifier encore la perception négative.