Le gouvernement du Québec a rejeté, le 19 août 2011, un projet de parc éolien de 51,8 MW que voulait implanter Venterre NRG inc. à Saint-Valentin et à Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix, en Montérégie. Le gouvernement a expliqué  sa décision en « considérant la non-acceptabilité sociale du projet ». Cette annonce est survenue au moment où le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) rendait public son rapport.

L’acceptabilité d’un projet est essentielle à sa réalisation et les promoteurs ont la responsabilité de créer et d’animer de véritables consensus dans les communautés concernés. Il s’agit, à notre avis, d’une gestion élémentaire des risques, comme nous l’a clairement démontré tout le débat, en 2010, sur la gestion de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.

Dans son rapport, le BAPE aborde cette question. Si « l’attitude des participants est généralement positive envers la filière éolienne » les ententes entre le promoteur, les maires de la région et les municipalités ont provoqué un sentiment de méfiance au sein de la population. À tel point, qu’un comité de citoyens a déposé une pétition qui regrouperait 58% de la population votante de Saint-Valentin contre le projet.

Le promoteur a rencontré et présenté son projet aux citoyens, mais de toute évidence il n’a pas laissé les individus et les groupes influencer la conception du projet. Selon le BAPE, la consultation réalisée préalablement aux audiences publiques a fait défaut. « Le promoteur et la municipalité de Saint-Valentin ont informé les citoyens, plutôt que de les consulter de façon bidirectionnelle, ouverte et transparente », souligne-t-il dans un communiqué. « Il est regrettable que le promoteur n’ait pas vraiment impliqué la population dans la définition des valeurs paysagères, du patrimoine culturel et de leur vision du développement du territoire. La transmission de l’information ne saurait se substituer à une consultation interactive réelle et efficace », d’ajouter le BAPE dans son rapport (p.127).

Les promoteurs investissent des sommes considérables dans le développement de leurs projets et auraient avantage à planifier et implanter, dès le départ, une démarche de participation des publics. Une telle démarche n’éliminerait pas nécessairement l’opposition mais favoriserait l’implication des communautés touchées ou concernées dans la conception et la réalisation des projets. Elle favoriserait ainsi une acceptabilité sociale.

Si l’on dit souvent qu’il est difficile de développer des projets au Québec, serait-ce par manque de transparence de la part des promoteurs?

Similar Posts