Le naufrage du Costa Concordia, le 13 janvier 2012, à proximité de l’île du Giglio en Toscane, a littéralement propulsé la société Costa Croisières, propriétaire du navire, et sa maison-mère le groupe américain Carnival à l’avant-scène de l’attention médiatique dans le monde. Toutefois, selon une analyse réalisée par SFI Relations publiques, Costa Croisières et Carnival sont demeurées bien discrètes sur les circonstances du naufrage, l’évacuation du navire, les recherches en mer et le soutien aux passagers et à leurs familles.

L’une des principales règles de la gestion de l’urgence est de se positionner comme la principale source d’informations fiables et crédibles. Pour des entreprises telles que Costa Croisières et Carnival qui transportent des centaines de milliers de passagers par année, les enjeux liés au naufrage du Costa Concordia étaient bien évidemment considérables. Et pour les passagers et leurs familles, en premier lieu, il était tout naturel de se tourner vers ces entreprises pour obtenir toutes les informations dont elles avaient besoin. Or, Costa Croisières et Carnival ont été bien discrètes.

En effet, du 13 au 31 janvier 2012, SFI Relations publiques a répertorié 221 articles et reportages sur le sujet dans la presse québécoise. De ces articles, nous avons identifié 661 citations provenant de 112 personnes différentes. Le constat est impitoyable : les propos des porte-parole de Costa Croisières et de Carnival ne représentent que 5,90 % de toutes les citations rapportées dans la presse québécoise en 19 jours d’attention médiatique soutenue. Qui plus est, de tous les groupes d’intérêts recensés, Costa Croisières et Carnival sont bons derniers! Les secouristes, la garde-côtière italienne et la sécurité civile occupent pour leur part 32,22% de l’ensemble des déclarations retransmises par la presse québécoise, suivi par les nombreux experts consultés qui ont généré 23,44% des citations reprises par les journalistes. Concernant les experts, il est à souligner que les journalistes québécois ont consulté de nombreux experts «locaux» qui représentent à eux seuls près de 15% de l’ensemble des citations rapportées dans les médias ou encore 63,87% de l’ensemble des citations d’experts rapportées par les journalistes. Télécharger le tableau complet.

Costa Croisières et Carnival survivront au naufrage. Il en va de même pour l’industrie, selon des experts, même si les conséquences de ce naufrage pourraient affecter la confiance des voyageurs à l’égard des gros paquebots. Néanmoins, la stratégie de communication et la gestion de la crise par Costa Croisières et Carnival laissent perplexe. S’il est vrai que ces deux sociétés ont émis des bilans et des messages à quelques reprises, et que le Président-directeur général de Costa Croisières a également rencontré la presse, un fait demeure, Costa Croisières et Carnival ont volontairement évité de prendre le leadership de la communication auprès de leur clientèle et des familles éprouvées par le naufrage.

Le bilan de la catastrophe a été chiffré à 32 morts, le 31 janvier 2012,  par le commissaire spécial en charge du naufrage. 17 corps avaient cependant été repêchés.

Similar Posts
Comments
  • GOUREVITCH

    Très intéressante analyse de la couverture québécoise de la crise du Costa Concordia. Merci.

  • Steve Flanagan

    Merci beaucoup M. Gourevitch pour votre appréciation. J’ai profité de l’occasion pour visiter votre site et constater votre intérêt pour la gestion de crise. J’ai bien aimé vos réflexions sur divers sujets.
    Merci encore.